Quatre élus de l’opposition ont démissionné

Sudouest

Édition journal Sud-Ouest du 3 octobre 2015

Artigues : quatre élus de l’opposition ont démissionné

Après la démission de huit élus de la majorité en juillet, quatre des six conseillers d’opposition se retirent. L’élection anticipée approche.

Le feuilleton des démissions continue au sein du Conseil municipal d’Artigues-Près-Bordeaux. Après celles en juillet des huit conseillers frondeurs de la majorité emmenée par Anne-Lise Jacquet, la maire Communauté d’avenir qui succède depuis mars 2014 au maire socialiste Jean-Claude Bergougnoux, quatre conseillers de l’opposition ont annoncé hier la leur. Il s’agit de son leader socialiste Dominique Lesbats lequel jouera le facteur ce matin, à la première heure, pour déposer à la mairie le même courrier signé d’Éric Belet (Europe Écologie les Verts), de Claire Winter et de Thierry Lureaud, tous les deux se réclamant de « la société civile ». Les Artiguais ont bien lu, manquent deux de leurs collègues de sorte que si le Conseil municipal – initialement composé de 29 élus – se réunissait aujourd’hui, ils compteraient les 15 élus de la majorité et deux de l’opposition que sont les deux Vincent, Le Quéré et Brun (1). Une fois précisé que ce dernier est par ailleurs secrétaire de la section du Parti socialiste artiguais, on se dit qu’il y a souci, divergence.

« Ils réservent leur réponse », indique sans se risquer Dominique Lesbats. Lui et les trois autres démissionnaires rejettent l’hypothèse d’un clivage. « Tous les débats que nous avons eus en interne ont rassemblé les 29 colistiers d’Artigues j’aime, voire au-delà, et aujourd’hui, deux seulement ne sont pas déterminés à poursuivre ou à arrêter. »

« Combat pour l’alternance »

Les partants n’ont pas attendu plus longtemps. Dominique Lesbats convient que dans les rangs de l’opposition, l’hypothèse de démissionner ne se pose pas depuis hier. Elle a pris encore plus d’épaisseur avec le retrait définitif de l’assemblée, en juillet, des huit élus qui pendant l’hiver s’étaient vus pour certains destitués de leur poste d’adjoint avant de rompre définitivement avec leur mandat de conseiller municipal. « On l’a vu mardi soir, il y a toujours autant de public pour suivre le Conseil municipal mais de moins en moins de monde autour de la table. » La formule est de Dominique Lesbats lequel observe aussi que désormais « ça ne tient qu’à la décision d’un élu de se retirer » pour provoquer des élections municipales. Pas si simple (lire ci-contre) mais Éric Belet, le futur ex-élu mais toujours militant d’Europe Écologie est convaincu que « le mandat va s’arrêter » et se dit déjà prêt à « un nouveau combat pour aller vers une alternance ».

Toujours mesuré dans ses propos, M. Belet, à qui la maire a donné raison mardi soir quand il se plaint de l’absence de réunion de la commission des marchés notamment pour l’attribution aux entreprises de l’aménagement de la plaine des sports (1,5 million d’euros), affirme que « ce que l’on voit en séance de Conseil municipal, la rareté des réunions des commissions et la minceur de leur ordre du jour, ne coïncide pas avec un fonctionnement démocratique ».

« Quand la maire a-t-elle répondu à nos questions ? », se demande Thierry Lureaud, celui qui en posait le plus jusqu’à mardi soir encore. Claire Winter revient sur « ce même soir au cours duquel la maire nous a fermé le micro à trois reprises ». M. Lesbats ajoutera une dizaine de griefs, de sorte que « le Conseil municipal n’offre pas la possibilité à l’opposition de pouvoir s’exprimer ».

Il reste deux élus pour représenter les électeurs artiguais qui donnèrent leurs voix à Artigues j’aime. Leurs futurs ex-collègues disent leur intention d’expliquer dans une lettre adressée très prochainement aux Artiguais les raisons de leur retrait.

Dominique Andrieux
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