Le Cuvier quitte Artigues

par Jean-Claude Bergougnoux

Il représentait pourtant l’art au cœur de la Vie, au cœur de la Ville.

Sous les coups de boutoir du maire d’Artigues et de son adjoint à la Culture, « Le Cuvier » quitte Artigues.

Le 27 septembre 2013 était inaugurée la nouvelle salle du Cuvier, implantée dans les locaux du château Feydeau, une ancienne propriété viticole.

Cette propriété accueillait depuis 1998 un centre pluridisciplinaire qui contribua longtemps au rayonnement culturel d’Artigues-Près-Bordeaux. Très vite, la danse contemporaine en deviendra le marqueur, donnant à ce lieu une identité singulière sur un large territoire.

Une reconnaissance nationale

Ses missions et ses activités d’excellence lui valurent de devenir il y a exactement dix ans, en 2007, Centre de Développement Chorégraphique d’Aquitaine (CDC), sur proposition du ministre de la Culture.

Ces belles années ont été le cadre d’une aventure d’exception, emmenée par une équipe très professionnelle, aujourd’hui ancrée dans la mémoire collective de notre culture et de notre ville.

Le Cuvier, régi par l’association Osc’art (Office Socio-Culturel d’ARTigues), était un élément structurant d’Artigues. Il assumait une « mission d’intérêt général et contribuait au renouvellement artistique et à la démocratisation culturelle dans un cadre concerté d’aménagement du territoire ».


Par ses projets, il avait su tisser de véritables liens entre la création chorégraphique et les publics. Tous les publics.

L’État, par le biais de la politique du Ministère de la Culture et de la Communication, avait labellisé le « Cuvier CDC d’Aquitaine ». Il le soutenait financièrement et conjointement avec les collectivités territoriales. Notamment, la DRAC Aquitaine (Direction Régionale des Affaires Culturelles) accordait son soutien aux projets initiés par le « CDC Le Cuvier ».

La ville d’Artigues-près-Bordeaux était attentive à toutes les formes d’expression artistique. Elle assurait la pérennité de cette offre culturelle sur son territoire et favorisait ainsi le rayonnement de notre ville aux niveaux métropolitain, départemental, national et international.

Artigues pouvait ainsi se targuer d’être à la pointe de l’Art et de la Culture accessibles à tous.

La plus haute exigence artistique et culturelle pour le plus grand nombre.

Certains ont pu reprocher le caractère élitiste du « Cuvier ».

À cela il est facile de répondre : le projet artistique du Cuvier était celui de l’ouverture et de la convivialité. Il était celui d’un art au cœur de la vie, au cœur de nos rêves, il était l’ambition d’un « élitisme pour tous ». Formule peut-être ambiguë, lancée par Antoine Vitez lorsqu’il dirigea le Théâtre national de Chaillot dans les années 1970. Et pourtant son message était clair : « Il nous faut revendiquer la plus haute exigence artistique et culturelle pour le plus grand nombre. ».

Bordeaux-Métropole soutenait aussi le Cuvier par le biais du festival Pouce, événement initié par Le Cuvier CDC d’Aquitaine à destination d’un jeune public.
Jusqu’à maintenant, Artigues avait toujours soutenu la danse contemporaine et tout particulièrement quand elle s’adressait à un jeune public. C’était même un des objectifs de notre Agenda 21 : donner accès à cet univers culturel à tous, à chaque âge de la vie.

La danse embellit la vie de l’enfant, fait bouger son imagination, le fait rêver, l’éveille enfin à la « poésie du corps et du geste ».

Le bal de tous les hypocrites.

Désormais, le rideau est tombé sur notre Cuvier. Les mensonges de cette nouvelle municipalité auront eu raison de son maintien à Artigues.

Contrairement aux allégations de Mme le maire, la subvention annuelle de la commune s’établissait à 327 000€ et non à 600 000€.
Les bilans et comptes d’exploitation d’Osc’art sont consultables sur le site du journal officiel (associations), nous vous invitons à vous y référer (doc pdf, http://www.journal-officiel.gouv.fr/publications/assoccpt/pdf/2014/3108/420089567_31082014.pdf /)
Et ajouter à cette subvention, comme le fait le maire, des frais annexes d’utilisation des salles communales – qui perdureront après le départ du Cuvier ! – relève de la tromperie.

Il en est de même du budget prévisionnel municipal pour 2017 qui, faute d’intégrer dans les dépenses de fonctionnement de la commune le transfert du personnel des écoles d’art, de musique et de danse, présente du coup un caractère insincère.

Il convient enfin de s’interroger sur les responsabilités d’un tel échec.
Certes, Madame le maire a gratté l’allumette qui a mis le feu.
Mais tous ces beaux esprits, qui aujourd’hui s’apitoient bruyamment sur le sort du Cuvier, n’ont-ils pas, par leur irresponsabilité et leur comportement suicidaire, déposé en son temps la boîte d’allumettes dans les mains de l’actuel maire ?

Pour « Artigues j’Aime », le départ du CDC Le Cuvier représente un véritable crève-cœur.
Nous souhaitons que le nouveau lieu d’accueil, choisi par le Centre de Développement Chorégraphique d’Aquitaine et tous ses partenaires, réservera une place de choix à l’ex-Cuvier d’Artigues.

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